Innovations dans l'antropomorphisme wahabi
Cette bid’a était, dans les siècles précédents, confinée à une poignée de Hanbalites, qui ont été repoussés avec force par les ulémas
de Ahl al-Sunna comme
Abd al-Rahman Ibn al-Jawzi (m. 597/1201) qui s’est adressé à ses pairs Hanbalites dans son Daf shubah al-tashbih
bi akaff al-tanzih [réfutation des
insinuations d’anthropomorphisme à la vue de la transcendance Divine] en ces termes :
Si vous aviez dit: « Nous ne faisons que lire ces hadiths et nous restons
silencieux », personne ne vous aurait condamnés. Ce qui est honteux c’est que vous les interprétiez littéralement. N’introduisez pas subrepticement dans le madhhab de cet homme droit parmi les
premiers musulmans [Ahmad ibn Hanbal] ce qui n’en fait pas partie. Vous avez revêtu ce madhhab d’une disgrâce honteuse, à tel point qu’on ne peut presque plus dire Hanbalite sans dire
anthropomorphiste.
(Daf shubah al-tashbih bi akaff al-tanzih.
Le Caire n.d. Edition Le Caire : al-Maktaba al-Tawfiqiyya, 1396/1976, 2829).
Ces croyances ont apparemment survécu pendant des siècles dans le Khorasan,
l’Afghanistan et ailleurs en Orient, car l’Imam al-Kawthari note que le Hanbalite Ibn Taymiyya
(m. 728/1328) a rassemblé les détails les concernant depuis des manuscrits sur les sectes (nihal) quand les bibliothèques des savants entrèrent à Damas en même temps que les caravanes
fuyant les mongoles venant de l’Est.
Il les a lu sans avoir un professeur perspicace pour le guider, et a cru en
ce qu’il en avait compris, et s’en est fait l’avocat dans ses propres ouvrages.(al-Kawthari, al-Sayf al-saqil fi al-radd ala Ibn Zafil. Le Caire 1356/ 1937. Edition. Le
Caire : Maktaba al-Zahran, n.d. 56).
Il fut emprisonné de nombreuses fois pour ces idées avant sa mort, car les
oulémas de Damas l’accusaient d’anthropomorphisme.
(al-Asqalani, al-Durar al-kamina fi ayan
al-mia al-thamina. 4 vols. Hyderabad 134950/193031. Edition. Beyrouth : Dar Ihya al-Turath al-Arabi, n.d., 1.155).
Des écrits ont été signés par Abu
Hayyan al-Nahwi (m.745/1344), Taqi al-Din al-Subki (m.756/1355), Badr al-Din Ibn Jama'a
(m.733/1333), al-Amir al-Sanani, l’auteur deSubul
al-salam(m.1182/1768), Taqi al-Din al-Hisni, l’auteur deKifayat al-akhyar, (d.829/1426), et Ibn Hajar al-Haytami
(d.974/1567) en réfutation de sa ‘aqida, et elle est restée non acceptée par
les musulmans pendant encore quatre cents ans jusqu’au mouvement Wahhabite du dix huitième siècle, lequel suivait Ibn Taymiyya sur certains points
de ‘aqida, et l’a déclaré son « Cheikh de l'Islam ».
Mais ce ne sera pas avant l’arrivée de l’imprimerie dans le monde arabe que
les livres d’Ibn Taymiyya (et les dogmes de ce groupe) ont vraiment vu la lumière du jour, quand un riche marchand de Jedda commissionna
l’impression de son Minhaj al-Sunna et d’autres de ses ouvrages sur la ‘aqida en Egypte à la fin du siècle dernier, ressuscité cette fois sous le nom
de Salafisme ou « retour à
l’Islam des débuts ».
Ils ont de là été exportés aux quatre coins du
monde islamique, propulsés par le financement généreux d’un ou deux pays musulmans modernes, dont les efforts ont rempli les mosquées de livres, de pamphlets, et de jeunes gens qui répandent ces
idées et même les attribuent (grâce aux chaînes de transmissions douteuses d’Ibn Taymiyya) aux Imams des premiers temps de l’Islam. Mon avis concernant la question de considérer ces musulmans croyants ou mécréants, est que tout cet argent peut financer l’influence
et la propagande qui transforment le jour en nuit et la nuit en jour
Par salafya1
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Publié dans : Ibn Taymiya
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